Casablanca: piqûres et morsures en été, comment la ville fait face à la recrudescence des nuisibles

Des professionnels de l’AM3D lors d’une opération de traitement contre les nuisibles dans un quartier de Casablanca. (M.Shelh/Le360)

Avec les fortes chaleurs estivales, scorpions, serpents, rongeurs et insectes prolifèrent et s’aventurent plus fréquemment à proximité des habitations, augmentant les risques de rencontres avec l’homme. Pour prévenir ces situations, l’Association marocaine des professionnels de la dératisation, désinsectisation, déreptilisation et désinfection (AM3D) multiplie les campagnes de sensibilisation et les interventions de terrain afin d’informer les citoyens sur les gestes à adopter face à ces espèces. Reportage.

Le 05/08/2026 à 13h01

Avec la hausse des températures estivales, Casablanca fait face à une recrudescence de nuisibles et de reptiles, désormais présents jusque dans certains quartiers urbains. Face à cette situation, l’Association marocaine des professionnels de la dératisation, désinsectisation, déreptilisation, désinfection (AM3D), a lancé une campagne de sensibilisation pour alerter les citoyens sur les risques liés aux piqûres de scorpions, aux morsures de serpents et à la prolifération des insectes et des rongeurs durant la saison estivale.

Dans plusieurs quartiers de la métropole, les équipes spécialisées multiplient les opérations de traitement. Équipés de leur matériel, les agents inspectent les zones à risque et interviennent dans les endroits propices au développement des nuisibles, dont la présence est favorisée par les fortes chaleurs.

«En été, il est tout à fait normal d’observer davantage de reptiles. Ce sont des animaux à sang froid qui profitent de cette période pour chercher de la nourriture, de l’eau et des endroits plus frais. Cette saison correspond également à leur période de reproduction», explique Fatima Zahra El Assouli, vice-présidente de l’AM3D.

Selon elle, plusieurs facteurs favorisent cette présence en milieu urbain. «L’urbanisation, l’accumulation des déchets ménagers et les eaux stagnantes créent des conditions idéales pour la prolifération des insectes, des rongeurs et des reptiles. Les sorties estivales plus fréquentes augmentent également les possibilités de rencontre avec ces espèces», précise-t-elle.

Face à ces risques, la responsable appelle les citoyens à éviter les interventions improvisées. «Lorsqu’un serpent ou un scorpion est repéré, il faut faire appel à un professionnel et éviter les produits vendus de manière anarchique», insiste-t-elle.

Concernant la prise en charge des reptiles, l’AM3D rappelle que ses équipes privilégient des méthodes respectueuses de l’environnement. «Nous ne tuons pas les serpents à l’aide de produits toxiques. Nous utilisons plutôt des répulsifs à base de substances naturelles, notamment des huiles essentielles, qui agissent sur leur système olfactif et permettent de les éloigner des zones habitées», explique Fatima Zahra El Assouli.

Cette approche s’inscrit dans le respect de la réglementation marocaine, qui protège les espèces sauvages en raison de leur rôle dans l’équilibre écologique. Les serpents bénéficient notamment d’une protection prévue par la loi 29.05 relative à la protection des espèces de flore et de faune sauvages et au contrôle de leur commerce, ainsi que par les dispositions de la convention internationale CITES.

La vice-présidente de l’AM3D souligne par ailleurs que les morsures de serpents restent parmi les accidents les plus dangereux, notamment en cas de retard dans la prise en charge médicale. Pour réduire les risques, l’association recommande plusieurs mesures préventives, comme l’élimination des amas de pierres et de bois autour des habitations, l’entretien des jardins, la vérification des chaussures et des vêtements avant de les porter, ainsi que l’évitement de marcher pieds nus la nuit dans les zones exposées.

En cas de morsure de serpent ou de piqûre de scorpion, les spécialistes recommandent de garder la victime calme, d’éviter les gestes inutiles et de l’orienter rapidement vers le centre de santé le plus proche. Ils déconseillent également les pratiques traditionnelles, comme l’incision de la plaie ou l’aspiration du venin, qui peuvent aggraver les complications.

Face à ces situations, les citoyens peuvent contacter le Centre marocain antipoison et de pharmacovigilance via le numéro vert «0801000180» afin d’obtenir les orientations médicales nécessaires et d’adopter les bons réflexes en cas de piqûre ou de morsure.

Un dispositif qui prend tout son sens au regard des chiffres enregistrés ces dernières années. En 2025, le Centre marocain antipoison et de pharmacovigilance a recensé 20.583 piqûres de scorpions et 405 morsures de serpents à travers le Royaume.

Dans ce contexte, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a lancé la Semaine nationale de prévention des intoxications sous le thème «De la prévention à la prise en charge: agissons efficacement contre les intoxications liées aux piqûres de scorpions et aux morsures de serpents», afin de renforcer la sensibilisation autour de ces risques.

À travers ses partenariats avec le ministère de la Santé et le Centre marocain antipoison et de pharmacovigilance, l’AM3D œuvre également à structurer le secteur de la lutte antiparasitaire selon l’approche globale «Une seule santé» de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une démarche clé pour concilier protection de la santé publique, préservation de l’environnement et respect de la biodiversité.

Par Miloud Shelh
Le 05/08/2026 à 13h01