Dans un communiqué, le ministre américain de l’Energie, Chris Wright, affirme que l’accord «jette les bases juridiques d’un partenariat de plusieurs décennies» visant à «renforcer les relations commerciales entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, à assurer la prospérité chez nous et la sécurité de nos alliés à l’étranger».
— U.S. Department of Energy (@ENERGY) July 22, 2026
Le partenariat conclu entre les deux pays permettra «de développer les exportations américaines de technologies nucléaires» et de «créer des emplois bien rémunérés aux Etats-Unis», est-il précisé dans le document.
Il ouvre la voie à la construction de centrales nucléaires en Arabie saoudite, qui dépend pour l’heure des centrales au gaz et au pétrole pour produire son électricité.
L’accord a été signé par M. Wright et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz ben Salmane. Il doit encore être soumis au Congrès américain mais celui-ci, à majorité républicaine, ne devrait pas s’opposer à sa mise en oeuvre.
«Erreur»
L’annonce intervient alors que le conflit armé a repris entre les États-Unis et l’Iran, rival de Ryad.
En entrant en guerre au côté d’Israël fin février, Washington a notamment dit vouloir empêcher définitivement Téhéran de se doter de l’arme atomique. La République islamique nie cette intention, mais défend son droit au nucléaire civil.
Les médias américains avaient ébruité la signature de l’accord avec l’Arabie saoudite en début de journée.
Sollicité par l’AFP, le constructeur américain de réacteurs nucléaires Westinghouse Nuclear n’a pas répondu dans l’immédiat.
Mais son PDG Dan Sumner a réagi auprès de la chaîne CNBC, qualifiant cet accord «d’étape majeure» et estimant qu’il allait renforcer la sécurité énergétique et accroitre les opportunités pour l’industrie américaine.
De son côté, le sénateur démocrate Chris Murphy a regretté que cette entente risque de «déclencher une course nucléaire dans la région, dissuadant davantage l’Iran de limiter son propre programme» nucléaire.
More evidence Trump is totally not serious about getting a nuclear deal with Iran.
— Chris Murphy 🟧 (@ChrisMurphyCT) July 22, 2026
This agreement will set off a nuclear race in the region, further disincentivizing Iran from limiting its own program. https://t.co/mx9rOB78WY
Dans un message publié sur X, il y voit une «preuve supplémentaire que Trump n’est totalement pas sérieux concernant la conclusion d’un accord nucléaire avec l’Iran».
Le sénateur Bernie Sanders, figure de la gauche américaine, a relevé que Donald Trump justifiait «sa guerre contre l’Iran comme un moyen d’empêcher un pays autoritaire d’enrichir du combustible nucléaire».
Trump claims his war on Iran is about stopping an authoritarian country from enriching nuclear fuel.
— Sen. Bernie Sanders (@SenSanders) July 22, 2026
Now he's letting his best friends in Saudi Arabia — one of the most brutal dictatorships in the world — do exactly that.
This is absurd. No nuclear for the Saudi dictatorship.
Et «maintenant il laisse ses meilleurs amis en Arabie saoudite - l’une des plus brutales dictatures au monde - faire exactement cela. C’est absurde», a-t-il réagi sur X.
Selon le Wall Street Journal, une clause prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu’il est justifié.
Dans son communiqué, le ministère américain met en avant le respect des «normes les plus strictes en matière de sûreté nucléaire et de non-prolifération».
«Washington a raison de renforcer ses relations avec Ryad, mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’efficacité de ses normes en matière de non-prolifération des armes nucléaires», a jugé plus tôt dans la journée Matthew Kroenig, ancien responsable du ministère de la Défense et chercheur à l’Atlantic Council.
«Ce serait donc une erreur d’autoriser l’enrichissement en Arabie saoudite», insistait-il alors.
I spoke with @MajorCBS at @CBSNews about Trump's Iran strategy. I said that backing down and leaving Iran in control of the Strait of Hormuz would be unacceptable, so the only viable option is to escalate. https://t.co/5HLyiXV97v
— Matthew Kroenig (@MatthewKroenig) July 22, 2026
Des parlementaires américains, républicains comme démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu’il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.
Course à l’armement
Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d’une réunion de l’Asean, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, avait refusé de confirmer l’existence d’un tel accord.
Il avait cependant assuré que les Etats-Unis «ne concluraient jamais d’accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération» nucléaire.
L’Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.
Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d’un pacte de défense.
Le pays a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n’enrichissent toutefois pas d’uranium.




