«Ce sera une combinaison d’un isolement économique comme le monde n’en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d’Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d’entrer ou de sortir des ports iraniens», a déclaré Scott Bessent sur la chaîne conservatrice Newsmax, en promettant de nouvelles mesures, sans en préciser la nature: «Restez à l’écoute, d’autres annonces arriveront la semaine prochaine.»
US Treasury Secretary Scott Bessent on Thursday said the US will make announcements next week about applying “economic isolation” measures on Iran “like the world has never seen before.” pic.twitter.com/CWTMwmOSjj
— The New Region (@thenewregion) August 14, 2026
Le ton a changé en quelques jours: le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible avec Téhéran «aujourd’hui ou demain» pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures. «Nous avons de très bonnes discussions», avait déclaré le même jour Donald Trump, assurant que l’Iran voulait passer un accord.
Réouverture du détroit d'Ormuz : "Nous avons de très bonnes discussions" avec l'Iran, assure Trump tout en posant un nouvel ultimatum
— LCI (@LCI) August 5, 2026
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Ces propositions rassurants avaient fait grimper Wall Street et chuter les cours du pétrole.
Cette nouvelle escalade verbale intervient alors que la guerre, engagée fin février par l’offensive américaine-israélienne contre l’Iran, approche de son sixième mois: le protocole d’accord conclu en juin pour y mettre durablement fin a volé en éclats début juillet, avant que Donald Trump ne suspende les frappes à la fin du mois, en conditionnant cette pause à la conclusion rapide d’un accord.
Tout accord devait inclure l’ouverture «complète et totale» du détroit d’Ormuz et «la fin de la menace nucléaire iranienne», avait-il affirmé le 1er août.
Le président américain semble privilégier une approche plus attentive, fondée sur la pression économique.
«Actes de piraterie»
Sur le terrain, le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole mondial, reste le point de friction le plus brûlant.
Les Émirats arabes unis ont dénoncé une attaque iranienne menée jeudi soir contre deux navires affiliés à la compagnie pétrolière publique ADNOC qui franchissaient le détroit. Abou Dhabi a été condamné pour les «actes de piraterie» des Gardiens de la Révolution qui constituent «une menace directe» pour «la sécurité énergétique mondiale».
Les Émirats ont demandé à l’Iran de «rouvrir complètement et sans condition» ce passage.
Téhéran a de son côté fustigé jeudi les «mensonges» de Donald Trump, qui avait assuré la veille, sur son réseau Truth Social, que les États-Unis avaient un contrôle «total» du détroit.
Ormuz reste «sous la gestion et le contrôle total de la République islamique», a martelé Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central de Khatam al-Anbiya.
JUST IN:
— Middle East Report (@ME_Report_Info) August 13, 2026
Iranian military spokesperson Ebrahim Zolfaghari:
America’s claims that the Strait of Hormuz is open are pure lies and only show the helplessness of their armed forces.
No commercial ship or oil tanker can safely pass through the Strait without Iran’s permission and… pic.twitter.com/dwYX336r3Y
Dans les faits, le détroit est verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre, tandis que les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. Téhéran exige des navires une autorisation et veut imposer à terme des frais de service, ce que Washington refuse.
Avant Scott Bessent, le vice-président JD Vance avait affiché jeudi sur Fox News la priorité donnée à l’arme économique: «L’objectif numéro un» des États-Unis est de «faire en sorte que le pétrole et l’essence restent bon marché pour les Américains», «l’objectif numéro deux» étant «d’assurer que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire».
In an interview with Fox News on Thursday, US Vice President JD Vance said that their number one priority in the war with Iran is keeping oil and gas prices low for Americans, and the second priority is ensuring Iran does not obtain a nuclear weapon. pic.twitter.com/7y1mya5hGB
— The New Region (@thenewregion) August 14, 2026
M. Bessent a, lui, a présenté sa stratégie comme la combinaison de deux leviers, l’asphyxie financière et le blocus physique, citant Cuba et le Venezuela en comparaison: «Le Venezuela s’est immédiatement effondré quand nous avons imposé le blocus», s’est-il félicité.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé jeudi les États-Unis de «mauvais calculs» liés à des défaillances du renseignement. «Un exemple: la guerre contre l’Iran. Maintenant, un mauvais calcul encore plus important sur le détroit d’Ormuz», a t-il écrit sur X.
The U.S. has long miscalculated due to intelligence failures. Case in point: The war on Iran. Now, an even bigger miscalculation on the Strait of Hormuz.
— Seyed Abbas Araghchi (@araghchi) August 13, 2026
Worse than fake news is fake intelligence. Be careful.
Allah is Great, Greater than ANY power on Earth. In Allah we trust.




