Le témoin a raconté avoir entendu le passage d’un avion à réaction, puis une forte explosion, avant d’apercevoir un incendie dans le centre de la ville. Islamabad n’a cependant pas précisé les régions visées. Le ministère pakistanais de l’Information a indiqué que dix sites utilisés, selon lui, pour lancer ou entreposer des drones avaient été frappés. Il a présenté l’opération comme une riposte à l’incursion, la veille, de 23 drones partis du territoire afghan et ayant, d’après les autorités pakistanaises, violé la souveraineté du pays.
Le gouvernement pakistanais affirme que ses frappes ont été «précises, calibrées et proportionnées» et qu’elles ont exclusivement ciblé des objectifs militaires liés aux attaques présumées de drones. Dans l’immédiat, les autorités talibanes n’avaient pas répondu officiellement à ces accusations. Des responsables provinciaux afghans ont toutefois confirmé des bombardements dans l’est du pays.
Des sites militaires frappés dans l’est
Dans la province de Paktia, des avions pakistanais ont bombardé le 203e corps Mansouri de l’armée afghane, selon le porte-parole du gouverneur, Mohammad Rasool Ahmadi. Celui-ci n’a pas fourni d’informations sur d’éventuelles victimes. Dans la province voisine de Khost, d’autres frappes ont été signalées sans faire de victimes, selon le porte-parole provincial Mustaghfa Gurbaz.
Il s’agit de la deuxième série de frappes pakistanaises en Afghanistan en l’espace de quelques jours. Lundi, des bombardements dans la province orientale de Kunar avaient tué trois civils, selon l’ONU et les autorités afghanes. Islamabad avait, de son côté, affirmé avoir éliminé 28 combattants. Ces opérations sont intervenues après une attaque contre un quartier général de la police dans le nord du Pakistan, qui a fait au moins 31 morts et a été revendiquée par une faction liée au Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP).
Islamabad accuse depuis longtemps le gouvernement taliban de tolérer sur le territoire afghan des sanctuaires utilisés par le TTP pour préparer des attaques au Pakistan. Le mouvement taliban pakistanais est distinct des talibans afghans, mais les deux organisations entretiennent des liens idéologiques et historiques. Kaboul rejette les accusations pakistanaises et reproche en retour à Islamabad de violer régulièrement la souveraineté afghane.
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Un conflit installé dans la durée
Les relations entre les deux pays se sont fortement détériorées depuis le retour des talibans au pouvoir à Kaboul en août 2021. En octobre 2025, des affrontements et des frappes avaient fait des dizaines de morts et entraîné la fermeture presque totale de la frontière terrestre. Plusieurs médiations ont ensuite permis de réduire temporairement les combats, sans résoudre le contentieux sécuritaire.
La situation a basculé dans une guerre ouverte à la fin de février 2026, avec des frappes pakistanaises visant notamment Kaboul et Kandahar. Un cessez-le-feu conclu en mars n’a pas empêché la reprise régulière des hostilités. Le bombardement le plus meurtrier a touché, le 16 mars, un hôpital pour toxicomanes de Kaboul, faisant au moins 269 morts parmi les civils, selon les Nations unies. En juin, de nouvelles frappes pakistanaises dans l’est de l’Afghanistan ont encore fait plusieurs dizaines de victimes.
Le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Dans son dernier rapport, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan a recensé 499 civils tués et 1.216 blessés entre octobre 2025 et la fin de juin 2026 dans les violences opposant l’Afghanistan et le Pakistan. Les nouvelles frappes font craindre une reprise durable des combats, alors que les tentatives de médiation n’ont jusqu’ici permis ni règlement politique ni mécanisme stable de désescalade.



