Iran: Trump suspend de nouvelles frappes dans l’espoir d’un accord rapide

Le président américain Donald Trump s'adresse à la presse à bord d'Air Force One avant son arrivée à la base aérienne d'Andrews, dans le Maryland, le 17 avril 2026. AFP or licensors

Le président Donald Trump a déclaré samedi que les États-Unis et Israël avaient convenu de suspendre de nouvelles frappes prévues contre l’Iran, à la demande de Téhéran et d’autres pays de la région, à condition qu’un accord soit rapidement conclu.

Le 02/08/2026 à 06h28

Vendredi, Donald Trump avait menacé, lors d’un conseil des ministres, de frapper l’Iran «très fort».

Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social dans la nuit de samedi à dimanche, Donald Trump a affirmé que les États-Unis étaient «prêts à frapper la République islamique d’Iran à des niveaux de terreur militaire, de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale».

«Malgré cela, nous venons d’être priés par l’Iran, et par d’autres pays du Moyen-Orient, de suspendre toute attaque», a-t-il indiqué. «Sur la base de cette demande, j’ai accepté d’annuler l’attaque, sous réserve de pouvoir conclure rapidement un ACCORD. Israël se joint à moi dans cet engagement», a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient peu après que les États-Unis ont appelé leurs ressortissants à «envisager de quitter» le Moyen-Orient en raison d’une possible «escalade» du conflit régional.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end. D’après CBS News, les États-Unis et Israël préparaient des frappes conjointes, visant notamment les raffineries de pétrole et les centrales électriques iraniennes.

Dans son message, le président américain a déclaré que l’accord avec l’Iran devrait inclure l’ouverture «COMPLÈTE ET TOTALE DU DÉTROIT D’ORMUZ», ainsi qu’une fin de la menace nucléaire iranienne.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a appelé Donald Trump samedi pour exprimer ses inquiétudes concernant ses projets de frappes, a rapporté Axios, citant des responsables américains anonymes.

«Désamorcer»

Une source au fait de l’appel a indiqué à Axios que le prince héritier saoudien avait «exhorté Trump à désamorcer la situation et à s’abstenir de lancer les frappes».

La Maison Blanche n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire concernant cette information de presse.

Jeudi, le Pakistan, pays médiateur, avait affirmé que les belligérants négociaient en vue d’une désescalade, en particulier concernant le détroit d’Ormuz, passage stratégique au cœur des tensions et verrouillé par Téhéran.

Mais l’armée iranienne avait accusé samedi les États-Unis de favoriser l’«escalade des tensions» dans la guerre au Moyen-Orient.

Mercredi, un drone a frappé un navire gazier appartenant à une société américaine, amarré dans un port égyptien. L’Égypte mène une enquête mais n’a, à ce stade, accusé aucun groupe d’être à l’origine de l’attaque.

Dans une interview publiée sur Fox News avant l’annonce de Donald Trump, son secrétaire d’État Marco Rubio assure que les capacités militaires de l’Iran ont été amoindries et que les responsables iraniens «sont maintenant disposés, et dans certains cas semblent impatients, à conclure un accord sur la dénucléarisation».

La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui a riposté par des attaques de missiles et de drones dans la région.

Malgré un protocole d’accord signé à la mi-juin pour ouvrir la voie à des pourparlers de paix, de nouvelles frappes réciproques ont eu lieu début juillet.

La guerre s’est étendue récemment avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites houthis, soutenus par l’Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.

Ces mesures font peser une menace sur la circulation maritime par le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, à la limite sud de la mer Rouge, dont l’importance s’est accrue depuis le blocage du détroit d’Ormuz.

Les rebelles ont cependant démenti samedi vouloir imposer des droits de passage aux navires franchissant le détroit de Bab el-Mandeb, comme l’a allégué un ministre yéménite.

Le regain de tension au Moyen-Orient avait provoqué cette semaine une nouvelle hausse des prix du pétrole, avec notamment une flambée de 7,66% du baril de Brent, à 90,53 dollars, mercredi.

Par Le360 (avec AFP)
Le 02/08/2026 à 06h28