Tahar Ben Jelloun

Ma semaine

"Tahar Ben Jelloun est sans conteste l'écrivain marocain le plus renommé au monde. Bien avant ""La nuit sacrée"", suite de ""L'enfant de sable""| qui lui a valu le prix Goncourt en 1987| il avait su séduire les plus exigeants des lecteurs et critiques avec des romans des plus saisissants et indéfinissables les uns que les autres. ""Harrouda""| ""Moha le fou| Moha le sage"". Des romans/poèmes| tant Ben Jelloun ne peut être cantonné à un genre| lui qui interpelle l'oralité propre à la culture originelle pour détourner la langue d'écriture et la rendre plus belle que jamais| plus que jamais parlante| et porteuse."

Éducation
Devrons-nous nous contenter de ces scènes de crime? Ou bien nous poser la question de savoir pourquoi des personnes apparemment normales — dans le cas du meurtre de Yassine, il s’agit d’un militaire et de sa complice, une infirmière travaillant dans une clinique privée — décident de passer à l’acte et de commettre un crime?
Un Marabout pour Edgar
J’ai tout d’un coup vu en Edgar Morin un saint, pas n’importe quel saint, pas un homme de religion, ni un militant idéologique, mais j’ai vu une sainteté de l’ordre de la justice, celle qui assure le Bien et qui distribue la qualité humaine.
Rendez-nous nos sardines!
Il y a deux ans c’était la figue de barbarie qui avait disparu des marchés. Aujourd’hui c’est au tour de la sardine. Apparemment personne ne prend sa défense. Il serait sympathique de constituer un comité de soutien à la sardine dans tous ses états afin qu’elle retrouve son rang, son large public et sa superbe réputation.
Moi, malade mental? Ça va pas!
Le problème au Maroc, c’est que la maladie mentale reste du domaine du secret et du non-traitement. Les psychiatres et psychanalystes installés dans les grandes villes sont conscients que leur travail est difficile. C’est une question taboue. On n’en parle pas. On fait comme si tout allait bien et on oublie. Mais ceux et celles qui souffrent de bipolarité ne connaissent pas le chemin à prendre en vue d’une guérison.
Les mauvaises nouvelles ont des ailes
Les mauvaises nouvelles s’enchaînent et se ressemblent. Comme on dit: «Elles ont des ailes». Partout, la violence et la haine. Le monde n’est plus protégé par des valeurs. Il est sans défense, nu, et il y a si peu d’espoir. À moins de détourner le regard et de refuser d’apprendre ce que fait l’homme à l’homme, on est submergé jusqu’à la lassitude et la nausée par le fracas des combats et des destructions.
Service!
Quand on voyage à travers le monde, on se rend compte à quel point le service à la marocaine dans les hôtels laisse à désirer, voire se révèle parfois nul. Que faire? Il faut peser les étoiles. Une étoile, ça se mérite. Ce n’est pas rien. Or, combien d’hôtels affichent des étoiles alors qu’à cause de la médiocrité de leur service, ils mériteraient d’être ramenés à la réalité en les perdant.
Mon ami
Comme la plupart des personnes de ma génération, j’ai grandi avec les chansons de Abdelwahab Doukkali. Notre amitié est née un été à Tanger. La mort d’un ami, c’est un peu la nôtre qui est entamée. On a beau s’y attendre, on est sous le choc quand ça arrive.
Le métier d’écrivain expliqué à une junte militaire
La condamnation du Prix Goncourt 2024, Kamel Daoud, à trois ans de prison et une lourde amende pour s’être inspiré du cas d’une des victimes de la guerre civile des années 90, est un aveu de faiblesse d’un régime qui, au lieu d’être fier de ses écrivains qui réussissent à l’étranger, qui sont traduits dans plusieurs pays et qui sont appréciés par un large public, les harcèlent et les agressent dès qu’il peut.
Merci Pedro
L’Espagne du courageux premier ministre socialiste, Pedro Sánchez, parie sur l’intégration au moment où les extrêmes droites durcissent leur position à l’égard des migrants tout en reconnaissant que l’immigration est nécessaire. La régularisation des migrants illégaux n’est pas un geste humanitaire. C’est une décision politique, nécessaire pour l’économie des pays européens. Sans cette main d’œuvre, cette économie sera, d’une façon ou d’une autre, en panne.
À cause de l’Algérie…
Avec le renvoi d’Olivier Nora, plus de 125 écrivains de la maison Grasset sont partis et ne comptent plus publier dans la maison devenue propriété de M. Bolloré. Peut-être que s’il n’y avait pas eu le «transfert» de Boualem Sansal de Gallimard à Grasset, il n’y aurait pas eu le drame actuel qui fait grand bruit à Paris. Toute cette histoire ferait un bien mauvais roman. On pourrait dire que Nora a perdu son poste à cause de l’Algérie!